Durée de Cotisation Retraite

Chevillée au C.O.R.

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vendredi 9 mai 2008, par veille

On en parlait depuis la loi de 2003, conscient qu’on se rapprocherait inexorablement du dépassement du seuil fatidique des 40 annuités... Les sentiments oscillent entre refus et résignation.


Retraites : le coût du maintien à 40 annuités

"Le Conseil d’orientation des retraites (COR) a publié le 3 avril 2008 un document évaluant l’impact du maintien à 40 ans de la durée de cotisation pour bénéficier d’une pension de retraite à taux plein, par rapport à son allongement progressif à 41 ans et demi d’ici 2020. Dans son 5ème rapport publié en novembre 2007, le COR évaluait les besoins de financement du système de retraite, dans le cas d’un allongement à 41 ans et demi d’ici 2020, à 15,1 milliards d’euros en 2015, 24,8 milliards en 2020 et 68,8 milliards en 2050. Le COR estime que le maintien de la durée de cotisation à 40 annuités engendrerait, par rapport à cette première évaluation, un surcoût de 2,5 milliards d’euros en 2015, 4,1 milliards en 2020 et 13,1 milliards en 2050. Indiquant que le calcul des conséquences du maintien de la durée de cotisation à 40 ans ne concerne que le régime général et celui de la fonction publique d’État, le COR précise que l’impact de cette mesure sur l’ensemble du système de retraite serait plus élevé encore, compte tenu notamment de son « effet très significatif sur les besoins de financement des régimes complémentaires (Arrco-Agirc)".

(jeudi 10 avril 2008) http://www.vie-publique.fr/actualite/alaune/retraites-cout-du-maintien-40-annuites.html

Communiquer sur les vrais problèmes

« Toute la communication gouvernementale cherche à dissimuler la poursuite et l’accélération de la baisse du niveau des retraites. C’est ainsi que la C.G.T. commente le projet de réforme de la durée des cotisations. La désindexation des salaires est en effet un mécanisme redoutable qui va amputer d’un tiers le montant des pensions relativement au salaire moyen. Mais toutes les contraintes vont peser sur les salariés : fin de tous les dispositifs de préretraite, extinction de la dispense de recherche d’emploi pour les chômeurs âgés, amputation de la prime de départ à la retraite pour les salariés qui n’auront pas une carrière complète… Par contre, dans l’immédiat, pas de sanction pour les entreprises. On verra en 2010 ! Pour la Cgt, il faut améliorer la situation vis-à-vis de l’emploi des seniors, mais aussi des jeunes, des salariés peu qualifiés. Concernant la reconnaissance et la prise en compte de la pénibilité, rien dans le document de Xavier BERTRAND n’évoque une initiative gouvernementale pour débloquer la négociation. Sur le niveau des retraites, c’est dès maintenant que d’autres choix doivent être opérés pour garantir l’avenir du système par répartition et donner confiance aux nouvelles générations. C’est pourquoi les questions de nouvelles ressources de financement ne peuvent être éludées. »

http://www.cgt.fr/Internet/html/lire/?id_doc=6057

Pour François Chérèque La copie du gouvernement est à revoir

"Bien que prévu par la loi de 2003, l’ effort demandé aux salariés devait être assorti d’une hausse du taux d’emploi des plus de 55 ans. Or ce taux (38,1 %, en 2006) n’a pratiquement pas évolué depuis cinq ans.

François Chérèque a proposé d’augmenter de 0,5 % les cotisations vieillesse des entreprises jusqu’à ce que l’emploi des seniors se soit hissé au niveau moyen européen, et de passer seulement alors aux 41 ans de cotisation.

La CFDT a remarqué « trois absences étonnantes » :

-rien sur les métiers pénibles et leurs conséquences en termes de retraite,

-rien sur l’alimentation du Fonds de réserve pour les retraites, qui est un élément fondamental pour la période 2020-2050,

-et rien sur les poly pensionnés, ce qui était une promesse faite à ceux qui étaient dans les régimes spéciaux ». À noter toutefois que, sur la pénibilité, le ministre s’est engagé le 28 avril à intervenir si la négociation entre partenaires sociaux ne débouchait pas d’ici à un mois

La CFDT n’a pas aimé …..

- l’absence de réponse dans le texte sur le niveau des pensions du privé et du public.

- la suppression du délai de six mois avant de pouvoir cumuler emploi et retraite. Cette mesure, si elle était adoptée, risquerait de créer un effet d’aubaine par une sorte de dumping qui consisterait à verser un complément de salaire à un salarié retraité qui prolongerait son activité dans l’entreprise. En fait, si un employeur veut conserver un salarié au-delà de l’âge ou de la durée légale, il peut tout simplement continuer à le rémunérer comme salarié.

- l’oubli ” de l’amélioration du régime additionnel de la fonction publique. La CFDT avait fait observer que pour améliorer le niveau des pensions résultant de ce régime il était préférable d’agir sur le niveau de cotisation plutôt que sur le pourcentage de primes prises en compte, qui concerne davantage les hauts revenus.

- l’absence de chiffrage de l’amélioration du niveau des retraites des bénéficiaires du minimum contributif n’est pas chiffré.

- s’agissant des réversions, le texte revient sur une disposition de la loi de 2003 rétablissant un âge minimal pour l’ouverture du droit. Selon la CFDT, il eût fallu attendre le résultat des études du Cor (Conseil d’orientation des retraites) à propos des avantages familiaux, prévu à la fin de l’année, pour envisager ces mesures.

- le texte d’orientation n’évoque pas la question l’épargne retraite collective .

La CFDT a aimé …

- Le maintien du dispositif carrières longues, qui permet à des salariés ayant commencé à travailler très jeune de partir avant 60 ans.

- l’amélioration de la surcote (5 % par année travaillée en plus, alors qu’elle est actuellement entre 3 et 5 %).

- l’augmentation progressive des cotisations d’assurance vieillesse, sans que soient augmentés les prélèvements obligatoires grâce au transfert, à terme, d’une partie des cotisations Unédic comme la CFDT le demandait, disposition qui était prévue par la loi de 2003.

- la date de revalorisation des pensions paraît mieux adaptée : le 1er avril de chaque année, au lieu du 1er janvier.

http://www.cfdt.fr/actualite/protection_sociale/retraites/retraite_0095.htm

Retraites : maintenir le système par répartition

"La CFTC considère que l’âge de 60 ans doit demeurer l’âge pivot, toutefois la durée d’affiliation doit primer sur le critère d’âge. C’est pourquoi, elle revendique le maintien du dispositif des carrières longues. La CFTC considère aussi indispensable d’améliorer le niveau des pensions. Concernant le passage à 41 ans de cotisation, Jacques Voisin a estimé qu’on avait “ ouvert ce dossier il y a cinq ans, mais qu’on n’est jamais allé au bout ”. Il faisait ici référence au taux d’emplois des seniors et au non aboutissement de la négociation pénibilité.

Avant de penser à allonger la durée de cotisations, il nous faut trouver de nouvelles sources de financement. Sur ce registre, la CFTC demande donc une mise à plat de l’ensemble des mesures d’exonérations fiscales et une évaluation de leur pertinence afin de ne conserver que celles qui sont favorables à l’emploi.

Elle propose, sous certaines conditions, un assujettissement des stock-options, de l’intéressement et de la participation aux cotisations sociales, avec pour contrepartie la prise en compte de ces éléments de rémunération dans l’assiette de calcul de la retraite.

Autre point très important pour la CFTC : la retraite personnalisée. Il s’agit de favorable à la retraite personnalisée : le libre choix et notamment de permettre à toute personne qui le désire de continuer à travailler plus longtemps. Toutefois, un salarié, qui a subi un travail pénible, pourrait quant à lui bénéficier de bonifications en trimestres pour partir plus tôt en retraite et espérer vivre un même temps de retraites que les salariés qui ont eu la chance d’avoir un travail non pénible.

La CFTC s’inquiète de la possibilité d’un transfert des fonds de l’Unedic vers le financement des retraites. Elle veut certes conforter le régime de retraite par répartition mais elle estime que le problème actuel de financement des retraites doit être assuré en apportant une réponse aux vrais problèmes, c’est-à-dire au fait que les jeunes, les seniors, et les autres personnes en recherche d’emploi ne trouvent pas de travail"

http://www.cftc.fr/ewb_pages/a/actualite-7607.php

Les sites consacrés aux seniors ont très rapidement pris conscience de l’évolution de l’allongement de la durée de cotisation et ont essayé de répondre à la demande d’informations émanant des inetrnautes.

Améliorer l’emploi des seniors

« Le gouvernement évoque plusieurs pistes de travail pour améliorer l’emploi des seniors, telle l’idée d’un système de label décerné aux entreprises respectant des critères précis en matière d’emploi des seniors, de formation, de lutte contre la pénibilité du travail. Parmi les autres pistes : le tutorat, la formation, le temps partiel de fin d’activité, la taxation plus forte des entreprises ayant recours aux préretraites maison et des indemnités de mise à la retraite. » (Source : Notre Temps - Cyril Bonnel - Avril 2008) http://www.notretemps.com/

Cotisation retraite : Horizon 2020

« Alors que le trou de la Sécurité sociale se creuse inexorablement, il semblerait que la durée de cotisation nécessaire pour bénéficier d’une retraite à taux plein soit une mesure d’ores et déjà entérinée par le gouvernement et qu’il faille d’ici 2012 avoir cotisé pendant 41 ans, .à raison d’un trimestre supplémentaire de cotisation par an entre 2009 et 2012 »

« Ensuite, à partir de 2013, des rendez-vous sont prévus tous les quatre ans afin d’ajuster les périodes de cotisation par rapport à l’augmentation de l’espérance de vie. Rappelons à ce sujet que selon les dernières projections de l’Insee, l’espérance de vie à 60 ans pourrait croître de 1.1 an tous les dix ans. De fait, la durée de cotisation pourrait être de 166 trimestres à l’horizon 2020, soit 41,5 ans.. » lundi 09 Juillet 2007

http://www.senioractu.com/

Ma retraite à la carte

« Chaussez-vous du 40. C’est le nombre d’années de cotisations nécessaires pour toucher votre retraite au taux plein. Et demain du 41, puis du 42 ? Pas forcément. La retraite à la carte, dont la réforme Fillon a créé de nouveaux contours, vous permet de déformer cette pointure sans vous empêcher de marcher pour autant. Pas si vite toutefois. Avant de saisir ces pistes, chassons les malentendus. L’âge légal de la retraite est, et reste, à soixante ans, âge à partir duquel il est possible de liquider une pension, à taux plein si on a le nombre de trimestres validés suffisant. » (Source Senior Planet : Stéphane Beaumont - 26 novembre 2004)

http://www.seniorplanet.fr/mag/ma-retraite-a-la-carte.9883.html

En l’espace de quelques décennies notre vocabulaire a évolué comme l’espérance de vie. Les "vieux" sont devenus le "Troisième Age", puis les "seniors"...

Les mots pourtant, malgré un marketing presque "glamour", ne suffisent pas à masquer la réalité, ils constituent tout au plus un voile pudique jeté sur notre futur.

On relira donc, avec ou sans nostalgie, les deux vers tirés d’une chanson de Jean Ferrat (La Montagne) ....

"De quoi attendre sans s’en faire

Que l’heure de la retraite sonne"

E.T.