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Prisons : le label "RPE", ou la révolution tranquille

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dimanche 10 août 2008, par Jean-Claude Cohen







Avec le Tour de France et les Jeux Olympiques, on n’en a quasiment pas parlé dans les gazettes.


Et pourtant c’est probablement un évènement aussi déterminant que la réforme constitutionnelle : en Juin 2008, 3 établissements pénitentiaires ont reçu leur labellisation de conformité aux Règles Pénitentiaires Européennes, après un audit conduit par un auditeur qualité indépendant (ici l’AFAQ AFNOR).

D’ici la fin 2008, une dizaine d’autres établissements suivront, puis tous les autres, en 2009 et 2010.

Certes, ça n’est pas la première administration à s’engager dans une démarche qualité avec, au bout du compte, une forme de certification ou de labellisation : les ISO 9002 et autres labels Qualiville ou Qualipref sont déjà monnaie courante dans les services de l’Etat ou les collectivités territoriales.

Ce qui est à souligner ici, c’est que la Pénitentiaire n’a pas choisi la facilité loin de là : attaquée et critiquée, souvent avec violence, pour l’inhumanité de ses prisons, elle choisit de répondre par la transparence, de démontrer que dans ses pratiques professionnelles, elle s’efforce d’appliquer les règles édictées par le Conseil de l’Europe, et que, bien plus, l’institution et l’ensemble de ses cadres et agents adhèrent à l’esprit des RPE, à savoir que le détenu est un citoyen presque comme les autres, à la seule différence près qu’une décision de justice le prive de liberté.

Bien plus, la Direction de l’Administration Pénitentiaire a fait le choix d’une labellisation par tierce partie, en s’appuyant sur un organisme indépendant pour conduire les audits, et sur une commission nationale indépendante, pour décerner les labels, suite aux audits, et pour faire évoluer si nécessaire le « référentiel qualité » qui constitue la « norme » pour ce label.

Nous ne serions pas étonnés outre mesure qu’une de ces prochaines années, la Pénitentiaire se voie décerner un Trophée spécial de la Qualité Publique.

Ce ne serait que justice.