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Le vieillissement démographique en Europe : tendance et perspectives

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jeudi 19 février 2009, par Jean-Claude Cohen


Le vieillissement de la population, c’est-à-dire l’augmentation de la part des personnes âgées, est avant tout le résultat des progrès considérables économiques, sociaux et médicaux qui offrent aux Européens la chance de vivre de longues vies dans un confort et une sécurité sans précédant dans leur histoire.

Mais, comme cela a été souligné par les chefs d’État ou de gouvernement lors du Sommet informel de Hampton Court en octobre 2005, c’est aussi l’un des plus importants défis que l’Union européenne devra affronter au cours des prochaines années.

La présente communication répond à la préoccupation exprimée lors de ce Sommet et largement ressentie par les citoyens.

Elle constitue une suite de la communication de la Commission au Conseil européen intitulée « Les valeurs européennes à l’ère de la mondialisation » et du livre vert de la Commission intitulée « Face aux changements démographiques - une nouvelle solidarité entre générations ».

Elle examine comment les Européens peuvent faire face au défi démographique en s’appuyant sur la stratégie de Lisbonne renouvelée pour la croissance et l’emploi et la stratégie de développement soutenable.

Plus précisément elle souligne comment l’Union peut appuyer ses États membres dans une stratégie à long terme dont la mise en oeuvre relève pour l’essentiel de leur volonté et de leurs compétences.

Pour ce faire, elle éclaire les facteurs principaux, évalue les impacts complexes, et identifie les principales voies pour l’action tant nationale, régionale et locale qu’européenne.

Elle conclut que le vieillissement de la population est un défi que nous pouvons relever si nous créons les conditions favorables d’un soutien adapté pour ceux qui veulent avoir des enfants et si nous tirons le meilleur parti des opportunités offertes par des vies plus longues, plus productives et en meilleure santé.

Le vieillissement de la population de l’UE est le résultat de quatre tendances démographiques agissant de façon interactive.

Toutefois, leur ampleur et leur rythme peuvent varier fortement d’un pays à l’autre, d’une région à l’autre, conduisant à écarter toute réponse uniforme.

— Le nombre moyen d’enfants par femme (taux de fécondité conjoncturel) est faible avec un niveau de 1,5 enfants pour l’EU-25, bien au-dessous du taux de remplacement de 2,1 nécessaire pour stabiliser la taille de la population en l’absence d’immigration.

— Le déclin de la fécondité dans les récentes décennies a suivi le baby-boom de l’après-guerre qui cause aujourd’hui le gonflement de la taille de la population âgée de 45 à 65 ans.

Le passage progressif des baby-boomers à l’âge de la retraite mènera à une augmentation substantielle de la part des personnes âgées qui doivent être soutenues financièrement par une population réduite en âge de travailler.

Ce phénomène est destiné à s’effacer, mais pas avant plusieurs décennies.

— Après avoir augmenté de 8 ans depuis 1960, l’espérance de vie à la naissance pourrait continuer à s’accroître de 5 années supplémentaires d’ici 2050, voire davantage.

La plus grande partie des gains projetés sera acquise aux âges les plus élevés.

Ainsi, les Européens atteignant 65 ans en 2050 peuvent-ils compter vivre en moyenne entre quatre et cinq ans de plus que les personnes atteignant 65 ans aujourd’hui.

Ceci conduira à une augmentation spectaculaire du nombre de personnes survivant aux âges de 80 et 90 ans, amenant à ce que beaucoup d’entre elles passent plusieurs décennies à la retraite et atteignent des âges où la fragilité et l’incapacité sont fréquentes, même si la proportion de personnes en mauvaise santé dans cette classe d’âge pourrait diminuer.

— L’Europe accueille déjà des flux importants de migration nette provenant de pays tiers.

En 2004, l’UE a enregistré 1,8 millions d’immigrés soit un flux plus important qu’aux États-Unis relativement à la population totale.

L’UE restera presque certainement une destination significative pour les migrants dans les prochaines décennies.

Dans un scénario de base prudent, Eurostat projette qu’environ 40 millions de personnes émigreront vers l’Union européenne d’ici 2050.

Comme beaucoup sont en âge de travailler, les migrants tendent à rajeunir la population.

Les répercussions à plus long terme restent toutefois incertaines, car dépendantes du caractère plus ou moins restrictif des politiques de regroupement familial et des comportements de natalité des migrants.

En dépit du niveau des flux actuels, l’immigration peut seulement compenser en partie les effets de la faible fécondité et de l’allongement de l’espérance de vie sur la répartition par âge de la population européenne.

En raison de ces tendances, la population totale dans l’EU-25 se réduira légèrement, mais deviendra beaucoup plus âgée.

Sur le plan économique, le changement principal concerne la population en âge de travailler (âgée de 15 à 64 ans) qui diminuera de 48 millions d’ici 2050.

Le taux de dépendance (le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus relativement à celles âgées de 15 à 64 ans) devrait doubler pour atteindre 51% d’ici 2050, ce qui signifie que l’UE passera de quatre à seulement deux personnes en âge de travailler pour chaque citoyen âgé de 65 et plus.

Les implications régionales et sociales du vieillissement de la population retiennent aussi l’attention.

Les régions avec des populations en déclin et constituées principalement de personnes âgées, devront faire face à des difficultés en matière d’offre de biens et services publics essentiels comme la santé, le logement, l’aménagement urbain, les services de transports et de tourisme, en sorte que les équilibres environnementaux reflèteront aussi les effets du vieillissement.

Le changement démographique s’accompagne également de changements sociaux profonds touchant la composition des familles, se traduisant notamment par un nombre croissant de personnes âgées vivant seules.

Si les pays en voie de développement exploitent le dividende démographique et intègrent les jeunes actifs sur le marché du travail, la production globale augmentera et offrira des opportunités d’investissement rentables pour les Européens qui économisent pour la retraite.

D’après "Mon marché des seniors"