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A l’aube de l’an nouveau : de la difficulté d’anticiper

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dimanche 10 janvier 2010, par Jean-Claude Cohen


Le début des années 2010 est marqué par deux événements qui traduisent la complexité de l’anticipation dans la décision publique.

La polémique née avec l’épidémie de grippe H1N1 et sa gestion par l’État, montre la difficulté d’anticiper l’impact réel d’un événement, et les risques de toute nature -organisationnels, financiers, politiques enfin- que comporte toute décision en environnement incertain. Ici, la théorie des jeux s’applique totalement : certes, on reproche aujourd’hui au Ministre de la Santé les millions d’euros dépensés, et une organisation très directive de la vaccination. Mais que lui aurait-on reproché si l’État n’avait rien fait et que la pandémie avait causé, non pas quelques centaines, mais plusieurs milliers de personnes, voire plus ? L’année 2009 a vu par ailleurs l’échec de la conférence de Copenhague -pourtant surnommée Hopenhague, dont les espoirs ont été bien déçus- qui a montré la difficulté de décider même lorsque il y a un large consensus - à l’exception de quelques négationnistes- sur le futur, notamment en termes de changement climatique. L’anticipation est en soi un exercice risqué, mais la décision -surtout collective- en univers incertain est un exercice encore plus difficile : certains appelaient même de leurs vœux quelques catastrophes climatiques pour convaincre les plus réticents !

Dans un autre domaine, et notre carte de vœux s’en inspire largement, Hollywood nous a gratifié fin 2009, avec le film AVATAR de James Cameron, d’une allégorie montrant l’homme en harmonie avec la nature l’emportant -mais à quel prix- sur la puissance technologique et les logiques économiques et financières à court terme. Le tout avec des effets spéciaux et des images en 3D créés par une caméra intelligente reproduisant les mécanismes d’accommodation de la vision humaine, une conception artistique époustouflante des paysages, de la faune et de la flore, des immenses blocs de roche flottant dans les airs, étonnants croisements entre la célèbre peinture de Magritte et les paysages des montagnes de Chine, ou la flore qui devient luminescente à la nuit tombée. Bref, beaucoup de virtuel et une morale "à la fin de l’histoire" pour nous faire oublier les vicissitudes du monde réel.... Le cinéma, opium du peuple.....