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Une étude prospective sur les emplois liés à l’énergie

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samedi 30 avril 2011, par Jean-Claude Cohen

Peu d’emplois créés, en France, mais un eldorado en Allemagne !!!


Le Commissariat Général au Développement Durable a publié les résultats d’une étude prospective sur " la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences dans les secteurs industrie et énergie impactés par le Grenelle de l’environnement et l’évolution du système européen ETS d’échange des droits d’émission des gaz à effet de serre ".

Trois conditions de réussite de la transition s’imposent :

- l’insertion des mesures du Grenelle dans le cadre d’une politique industrielle plus large tenant compte de l’ensemble des enjeux liés au développement d’une industrie " bas carbone ",

- la sécurisation des parcours professionnels et

- le dialogue social à tous les niveaux (entreprise, secteur, territoires).

Une quinzaine de volets sont étudiés dont le chauffage urbain, la sidérurgie, le raffinage, l’industrie automobile, etc.

Concernant les énergies renouvelables, il est dit que "la France occupe encore une place relativement mineure en Europe dans l’éolien et le solaire (voir les emplois comparés en France par rapport aux champions européens que sont l’Allemagne ou l’Espagne)."

Selon le scénario (NSAT) qui intégre le paquet Climat-énergie récemment adopté par le parlement européen, en moyenne annuelle sur la période 2006-2030, les emplois directs liés aux investissements nets s’élèveraient à 676 000 équivalents temps plein (ETP), à comparer aux 399 000 ETP directs du scénario Base line, soit un écart de 69 % d’un scénario à l’autre.

Cet écart est lié principalement au développement des énergies renouvelables.

En effet, plus des deux tiers des investissements sont attribuables aux énergies renouvelables dans le scénario NSAT, contre à peine un tiers dans le scénario Base line.

On y a apprend également que sur la période 2000-2005, "les énergies renouvelables ont été le 1er facteur de création d’emplois directs en Europe, notamment grâce au développement du parc éolien."

Il y aura peu de nouveaux métiers dans l’industrie, mais des besoins importants de formation chez les installateurs en énergies renouvelables.

Selon Jean-Philippe-Roudil, l’actuel délégué général du Syndicat des énergies renouvelables, " il ne faut pas attendre, avec les EnR, de révolution en termes de création de nouveaux métiers si ce n’est le métier de développeur de projet ou de contrôleur/coordinateur qualité."

Autre son de cloche en Allemagne : les énergies renouvelables sont présentées comme le nouvel eldorado des temps modernes et même une révolution verte économique au pays de l’automobile.

Elles sont à l’origine d’un business juteux et de créations d’emplois à foison. Les offres destinées aux ingénieurs et aux commerciaux se multiplient.

La branche des énergies renouvelables, du bureau d’études aux sous-traitants en passant par les financiers, pourrait devenir à l’horizon 2020 le premier employeur du pays avec 500 000 salariés, d’après la fédération des énergies renouvelables.

En 2007, toujours selon la fédération des énergies renouvelables, 15000 nouveaux emplois seraient créés pour un chiffre d’affaires en hausse de 17% à 32 milliards.

L’Allemagne est un des leaders européen sur le secteur des énergies nouvelles (éolien, biomasse et photovoltaïque). Le pays manque même de terrains pour installer de nouvelles éoliennes, des usines de gaz naturel ou à biomasse (bois) et à déchets : il se tourne alors vers l’étranger.

A l’avenir, ses plus grands marchés seront la France, l’Espagne, l’Europe de l’Est, le Canada, et même Taïwan.

Egalement les politiques veulent participer au développement des énergies renouvelables pour contrer la pollution et le réchauffement climatique.

La chancelière Merkel, présidente de l’Union européenne, est parvenue à imposer des règles : d’ici 2020, les Etats membres de l’UE doivent réduire de 20% leurs émissions de dioxyde de carbone et produire 20% de leur énergie grâce au renouvelable.