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2007 : continuités ou ruptures ?

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mercredi 16 août 2006, par Christian Long


Il n’a échappé à personne que 2007 serait une année électorale. Bien plus, le millesime 2007 inaugure une série quasiment continue de consultations populaires : après les présidentielles et les législatives en 2007, le processus se poursuit en 20O8 avec les municipales, les cantonales et les sénatoriales, pour s’achever en 2010 avec les régionales.

Par delà la dimension naturellement politique de ces élections, on peut -on doit- s’interroger sur les conséquences possibles de ces processus électoraux sur un certain nombre de mutations que subissent l’Etat et les collectivités publiques.

Quel sera le devenir de la Réforme de l’État, de la mise en place de la LOLF ? de la réforme des corps de la fonction publique ? Y-aura-il une troisième vague de changements, ces gouvernements donneront ils une nouvelle impulsion au jeu de mécano administratif abordé ces dernières années ? Qu’en sera-t-il des fusions entre Directions Départementales de l’Agriculture et de l’Equipement, entre les DIREN et les DRIRE ? Le "grand ministère de l’Environnement et de l’aménagement du territoire dépassera-t-il le stade des promesses électorales ?

On pourrait toujours interpeller les candidats à la présidentielle, mais ces sujets ne passionnent pas les foules ni les paparazzi, plus intéressés par la vie privée des hommes et femmes politiques que par le devenir de nos institutions publiques, et de toutes façons, les vainqueurs des élections ne seront pas élus sur ces volets de leurs programmes électoraux, lorsqu’ils l’évoquent.

Ce qui est plus inquiétant, dans la période que nous allons vivre -pour au mieux deux ans, au pire quatre-, c’est que nos habitudes institutionnelles font que ces phases de transition se traduisent généralement par un "gel" du processus de décision, voire par une "non décision", lorsque ça n’est pas un retour en arrière sur des décisions prises antérieurement.

A tout le moins, même si l’on peut penser qu’il y a un certain consensus sur certaines des questions touchant à l’organisation des pouvoirs publics - de l’Etat comme des collectivités territoriales- et à la répartition des rôles entre les différents acteurs, on doit s’attendre à une période d’incertitude sur les projets lancés ou en voie de l’être, le temps que les nouvelles "équipes" se mettent en place et construisent leur propre doctrine.

Le problème, c’est que ceci n’est pas fait pour améliorer les performances du "système public" dans son ensemble, mais surtout, que l’on fait bien peu de cas des hommes et des femmes qui le constituent, et qui verront se prolonger d’autant une période, déjà suffisamment porteuse d’angoisse, d’incertitudes quant à leur carrière, leur affectation, voire même leurs métiers et leurs compétences.

Jean-Claude Cohen, Directeur délégué de Stratys